Ce qui suit est à peu près le playbook qu’on a utilisé chez Enel X pour scaler un lancement fintech tout neuf, l’app néobanque Enel X Pay et le paiement de factures PagoPA, d’un démarrage à zéro utilisateur à plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs en restant dans nos cibles CAC et payback. Une partie est spécifique au lancement d’un produit financier sur la base existante de clients d’une compagnie d’énergie, mais l’essentiel se transpose ailleurs. Ce qui a fini par compter ce n’était pas les canaux qu’on a choisis, c’était l’ordre dans lequel on a empilé la stack.
Phase 1 (semaine 0-4) : instrumenter avant de dépenser
La plus grosse erreur que fait chaque scale-up est d’allumer le paid avant que le funnel soit correctement tracké. Vous dépenserez 200K€ sans savoir pourquoi quelque chose s’est passé. Avant de lancer une seule campagne, il vous faut : une hygiène UTM end-to-end, une seule source de vérité (un outil analytics, un CRM, un objet pricing), et du tracking event-level sur chaque étape de l’impression à l’utilisateur activé.
Si votre équipe data dit « on réparera le tracking plus tard », votre équipe data va vous faire perdre quatre mois. Faites-le d’abord.
Phase 2 (semaine 4-8) : trois canaux, pas sept
Les scale-ups veulent tout tester. C’est le mauvais move avec un budget fini. Choisissez trois canaux qui mappent au vrai parcours de votre acheteur et mettez du vrai argent derrière, minimum 10K€ par canal par mois ou vous ne pouvez pas apprendre statistiquement.
Pour Enel X Pay, les trois étaient Google (Search et Performance Max pour la capture d’intent sur « compte bancaire en ligne » et « payer factures PagoPA »), Meta (lookalikes basés sur la clientèle Enel existante), et Apple Search Ads (trafic app-store haute intention). Le tout branché sur Adjust comme couche d’attribution mobile, pour mesurer les parcours install-to-activation de bout en bout. Pour le B2B SaaS, l’équivalent est Google Search, LinkedIn, et un troisième canal aligné à votre ICP.
Phase 3 (semaine 8-16) : construire le plafond CAC, puis le plancher
Votre plafond CAC est ce que vous pouvez vous permettre en restant en payback. Votre plancher CAC est le user le moins cher que vous puissiez acheter qui s’active vraiment. La plupart des scale-ups confondent les deux. Acheter des users à la moitié du plafond ne sert à rien s’ils ne s’activent pas.
À la semaine 8, vous devriez avoir, par canal : CAC blended, CAC activé (en ne comptant que les users qui atteignent votre event d’activation), et CAC retenu à 30 jours. Optimisez sur le troisième chiffre, pas le premier. Nous trackions les trois chez Enel X Pay hebdomadairement et réallouions sur le CAC retenu, pas blended.
Phase 4 (semaine 16-32) : le moteur d’activation
Au mois 4, l’acquisition paid commencera à atteindre des rendements décroissants. Vous serez tenté de scaler le spend. Ne le faites pas, améliorez d’abord l’activation. Une amélioration de 10% du taux d’activation vaut plus qu’une augmentation de 50% du budget paid à ce stade.
Chez Enel X Pay, le partenariat avec le Produit sur le flow de sign-up et le premier paiement de facture PagoPA a entraîné une réduction CAC bien plus large que toute optimisation média. Nous avons aussi rebâti la présence App Store et Play Store dans cette phase : travail ASO sur les mots-clés, nouveaux screenshots, vidéos d’app preview rafraîchies. Tout ça a fait monter les installs organiques et baissé ce qu’on payait à Apple Search Ads pour capter la même demande. L’heure la plus précieuse de l’équipe acquisition chaque semaine était la revue conjointe avec le Produit, pas l’édition de campagne.
Phase 5 (semaine 32-52) : la phase de diversification
Maintenant seulement vous ajoutez le canal 4 et 5. À ce stade, vos trois canaux core saturent, votre courbe d’activation est stable, et vous avez assez de capacité interne pour tester proprement. Canaux ajoutés tard chez Enel X Pay : programmatique display via DV360 pour l’awareness sur les régions italiennes, un programme d’affiliation rémunéré sur utilisateurs activés (pas sur inscrits), content syndication, et cross-promotion via les points de contact existants des clients énergie d’Enel.
Le seul chiffre qui compte
À travers les cinq phases, le seul chiffre qui compte est le payback CAC, pas le CAC, pas la LTV, pas le ROAS. Payback sous douze mois veut dire que vous avez un business. Payback au-dessus de dix-huit mois veut dire que vous avez une dépense financée par des VCs. Tout ce qui est dans le playbook ci-dessus sert ce seul chiffre.
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Je travaille avec des marques B2B SaaS, FinTech et grand public à travers l'EMEA sur la stratégie performance marketing, l'attribution et l'ABM. Toujours partant pour échanger, deux missions de libres ce trimestre si ça se concrétise.
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